Billets de Confiance

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Uzès

Seules deux communes émettent des billets Cavillargues et Uzès.

Le 1er décembre 1790, la corporation des marchands- fabricants de bas prend l'initiative, à l'imitation des industriels nîmois, d'ouvrir un bureau d'échange pour émettre des billets de 3 livres (cette émission ne figure pas dans la collection E.Dumas). Ce bureau d'échange rencontre la même défiance que celui de Nîmes et comme ce dernier, il se place sous le contrôle et la surveillance de la municipalité, le 11 mai 1791, lors d'une réunion du Conseil général de la commune, où le maire et le procureur font état de la situation

la disette en numéraire se fait sentir de jour en jour, d'avantage dans Uzès : à la cause générale qui rend l'argent rare dans tout le royaume se joignent diverses causes locales qui ne font qu'augmenter; dans cette contrée, le poids des entraves que les circonstances mettent à la circulation générale... Les citoyens possesseurs de capitaux numéraires continuent à les resserrer pour obtenir du besoin excessif de leurs voisins, de leurs frères, les assignats nationaux à une très grande perte... la classe indigente de nos concitoyens est dans un danger imminent dont le résultat influera puissamment sur les autres classes ... Le moyen le plus efficace dans ces circonstances pénibles, c'est d'employer toutes les ressources du patriotisme et de la prudence à se passer d'argent et pour cet effet requiert... que sous la garantie de la commune, il soit formé une caisse de petits assignats monnoyés qui pourraient être appelés assignats ou coupons municipaux ou communaux.
La décision est prise d'émettre pour 18000 livres, 6000 livres en billets de 20 sols, imprimés en noir et 2000 livres en billets de 3 livres, imprimés en rouge, et de nommer huit commissaires et un trésorier : il est prévu aussi
que tous coupons ou assignats autres que les assignats nationaux seraient retirés de la circulation, huitaine après l'émission des assignats convenus... et qu'il seraient défendu d'en émettre à compter de cette époque en concurrence avec ceux de la commune…
Sont visés dans ce passage, les billets émis par la corporation des marchands fabricants de bas, mais aussi ceux émis par des particuliers, tel Barbusse. Après réflexion, cette délibération est modifiée, le 14 mai : les billets à émettre seront de 15 et 30 sols (3000 de chaque) et de 3.livres (2000). Le 29 mai, ce même Conseil général décrète le cours forcé des billets
à cause du refus que font divers marchands de recevoir au pair les petits assignats monnoie
et spécialement les marchands de blé
qui font ouvertement un double prix de leur marchandise, l'un payable en argent, l'autre en assignats
et impose une amende de 25 livres contre les contrevenens. Il décide aussi d'émettre des billets de 5 sols (2400) pour favoriser les échanges des moindres coupons. Le succès est total, les billets sont épuisés au bureau, et une nouvelle émission est décidée, par délibération du 7 juin : Pour 12 000 livres, 3000 livres en billets de 30 sols, et 9000 livres en billets de 10 sols (ces derniers imprimés sur carton jaune). Ces billets sont immédiatement utilisés «la partie de 9000 livres avait été enterrée à l'instant de sa signature» et ce succès intrigue le maire, lors d'une nouvelle réunion du Conseil général de la commune, le 19 juin :
ne voyait de moyen de déjouer l'agiotage qui parait s'établir sur les dits coupons que d'en multiplier le nombre.

A son tour le procureur de la commune a observé :
que divers particuliers étaient déterminés à resserrer dans leur caisse les coupons municipaux, par une défiance injuste contre les assignats nationaux, et par la fausse persuasion, que dans le cas impossible de l'entier décri de ces derniers, la commune d'Uzès serait obligé de rembourser ces coupons en argent monnayés et à son défaut, les signataires des dits coupons.
Une nouvelle émission pour 24 000 livres est entreprise : 16 000 billets de 30 sols (impression rouge). Un trésorier adjoint, Griolet, fabricants de bas, est autorisé
à signer au dos des dits billets, comme le trésorier lui-même.
Le 20 décembre, par délibération municipale, une nouvelle émission de 12000 billets de 5 sols pour 3000 livres, dits billets patriotiques est décidée :
car le commerce de détails et surtout les particuliers souffrent considérablement par le manque absolue de petite monnaie.
Enfin, une dernière émission est ordonnée par délibération du 20 janvier 1792 ; 2400 billets de 3 livres pour 7200 livres. Pour dépister les faux billets qui circulaient (surtout ceux de 3 livres, le Conseil général décide «qu'il sera posé aux dits assignats... un timbre portant ces mots «Bureau d'Échange d'Uzès» en lettres rouges gravées sur un cachet ou estampier» confié a deux commissaires Phéline, notable, et Paul Pagès, officier municipal.

«BUREAU D’ECHANGE Billet de 3 liv. N°570. Il sera tenu compte au porteur, de la somme de trois livres dans l’échange des billets de bureau en assignat, Uzès le 1 décembre 1790. Le Bureau sera ouvert les mardi et samedi, depuis 10 heures jusqu’à midi.» signatures de Roux l'ainé, Vincent, Griolet et François Verdier ; au verso, cachet du bureau d’échange en rouge, mention manuscrite «par délibération de la commune d’Uzès» et signatures de Vincent, Bedos et G. Ollivier. La mention ‘par délibération..’ autorise la circulation de ce billet émis par la corporation des marchands
(carton blanc, impression noire, double filet, l’extérieur est festonné aux angles, 80X125)